Eaux usées : Aucune alternative, vraiment ? Mais pourquoi ?

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Depuis hier (mercredi 11 novembre), la ville de Montréal déverse dans le fleuve Saint-Laurent ses eaux usées. Ce déversement aura un débit de 13 mètres cubes par seconde sur une durée de sept jours. Donc, pour les 7 prochains jours, on parle de 8 milliards de litres, l’équivalent de 2 600 piscines olympiques de déchets des toilettes, de rejets d’hôpitaux et d’entreprises.

À la lumière de ces informations, il est indispensable que l’on s’indigne de cette pollution inadmissible qui de nos jours ne peut plus être tolérée et se dérouler dans l’indifférence générale. On nous dit qu’il n’y aura pas d’effets, qu’il ne faut pas s’inquiéter. Mais aujourd’hui, alors que nous sommes sensibilisés aux enjeux environnementaux et informés sur notre empreinte écologique, pouvons-nous vraiment croire qu’il n’y aura aucun impact au déversement de 8 milliards de litres d’eaux usées contenant les déchets des toilettes, d’hôpitaux et d’entreprises ? Non, nous ne pouvons pas le croire et nous avons raison !

Cette histoire de déversement suscite de fortes réactions, au-delà des citoyens et des maires. Des groupes écologiques et les médias étrangers en parlent et s’en offusquent. Pourquoi ? Car cette situation est une honte.

Maintenant, il y a une réalité locale. Les travaux majeurs pour abaisser la structure de l’autoroute Bonaventure, au centre-ville, exigent de déplacer une chute à neige reliée à un gros égout. Cette conduite de 5 mètres de diamètre achemine normalement les eaux usées à l’usine d’épuration. Pour effectuer les travaux, il faudra assécher la conduite. Pour assécher l’intercepteur sud-est : la Ville doit retirer des « cintres », des cerceaux de renforcement en bois vétustes qui ont commencé à se détacher de la structure. Les morceaux pourraient mettre en péril l’épuration des eaux.

Face à cette réalité qui n’est pas contestée, nous devons savoir s’il y avait oui ou non des alternatives à ce déversement ou des moyens d’atténuer cette pollution ! Car la dénonciation de cette décision est aussi fortement représentée dans les médias et réseaux sociaux que la promotion d’alternatives y est absente. Pourtant pour que les dénonciations aient un impact plus fort, elles doivent être accompagnées de solutions qui semblent être difficiles à trouver. Pourquoi ? Parce que nous avons été privés de débats, de discussions et de recherches à cause d’une prise en mains tardive de ce dossier nous mettant au pied du mur avec aucune alternative possible à court terme. Cette réalité-là est également à être dénoncée !

Si nous avons pris en charge ce dossier au début d’année quand il était en train de dormir sur le bureau de monsieur Coderre :

  • N’aurait-il pas été possible de pomper ces eaux usées vers une déviation temporaire pour éviter que le fleuve ne soit contaminé ?
  • N’aurait-il pas été possible d’utiliser une technologie portative de traitement des eaux usées ?
  • N’aurait-il pas été possible de mettre en place un dégrillage ?
  • Aurions-nous pu nous entendre avec les industries situées en amont afin qu’elles cessent temporairement de rejeter à l’égout des produits nocifs ?
  • Pourquoi ne pas utiliser une unité mobile de traitement en ciblant les points de rejets des égouts où l’eau est potentiellement toxique comme ceux qui proviennent des hôpitaux ou d’industries tels que le propose le rapport des experts d’Environnement Canada ?

Non, rien de tout ça ne vaut la peine d’être considéré aux yeux de notre maire. Nos gouvernements laissent alors monsieur Coderre rejeter toute option qui l’obligerait à travailler sur le fond du dossier plutôt que de s’en débarrasser au plus vite.

Alors oui, aujourd’hui, avec cette prise en main du dossier en octobre, un maire qui n’est pas prêt a travaillé sérieusement sur le dossier, et une réalité de travaux qui doivent être faits, nous n’avons pas le choix de faire ce déversement. Mais par contre, que l’on arrête de dire que rien ne pouvait au moins diminuer son impact, car ce n’est pas vrai. Il ne s’agit que du refus du maire de Montréal de les considérer et là-dessus monsieur Coderre est responsable tout comme les politiques qui lui permettent de réaliser ce déversement sans condition ou presque et sans aucune sanction.

Il est triste de constater qu’à une dizaine de jours de la COP21 que nous n’avons tout simplement pas de décideur assez préoccupé par la question environnementale au Québec comme au Canada.

Gaël

Une réflexion sur “Eaux usées : Aucune alternative, vraiment ? Mais pourquoi ?

  1. Si M. Coderre avait exigé depuis des années les taxes pour le traitement de l’eau par les grandes industries polluantes, le financement pour les solutions alternatives aurait été largement subventionné.

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