Une victoire qui engendre beaucoup d’attentes

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Je félicite monsieur Trudeau pour avoir réussi à nous débarrasser des conservateurs et de leurs politiques rétrogrades. Le Canada va pouvoir reprendre des couleurs! Le Canada fait donc place au changement de style, changement de génération, changement de vision économique pour une politique keynésienne intelligente en misant sur l’investissement plutôt que les coupes et le dogme de l’équilibre budgétaire. Je pense que beaucoup de Canadiens et de progressistes ont de fortes attentes envers ce gouvernement et nous espérons tous que monsieur Trudeau mettra en application ses discours et propositions aux nombreuses notes progressistes.

Même si face aux idéaux réactionnaires des conservateurs de Stephen Harper toute proposition un tant soit peu progressiste peut paraître révolutionnaire, cette campagne aura cruellement manqué de propositions ambitieuses à la hauteur des urgences qui pressent nos gouvernements d’agir. Mais tout n’a pas été mauvais. Il y a tout de même eu quelques bonnes propositions durant cette campagne du côté du NPD, mais également au PLC qui, sur certains sujets, aura réussi à passer par la gauche de monsieur Mulcair.

À l’aide de ce billet, je tiens à contribuer à mon petit niveau à élever le débat en mettant sur la table quelques thèmes qui auront été ignorés et pourtant essentiels à la construction de notre avenir. Voici mes idées et propositions dans l’intention d’être constructif sur les moyens à prendre pour tenter de redéfinir les bases de notre société et celles d’un avenir commun auquel aspire tout progressiste et inviter notre nouveau gouvernement à prendre ses responsabilités et d’agir !

POLITIQUES ÉCONOMIQUES ET SOCIALES

L’insécurité alimentaire et la pauvreté touchent de plus en plus de nos concitoyens. La faim touche en moyenne 900 000 personnes au Canada année après année, alors que les personnes en situation de pauvreté représentent 20 % des Canadiens. Cette révoltante réalité semble passer inaperçue durant cette campagne, elles sont pourtant des enjeux majeurs dans un pays riche et développé comme le nôtre. Il est encore temps pour que les enjeux de la faim, du recours aux banques alimentaires et de la pauvreté soient remis sur la table des enjeux de cette campagne.

  1. Ministre de la Santé, d’une saine alimentation, de la sécurité et de l’autonomie alimentaires.

Nourrir sa population est la première des choses que se doit de faire un gouvernement d’un pays, quel qu’il soit. C’est pourquoi il est primordial qu’un ministre soit responsable de ce sujet au niveau fédéral. Il devra rechercher de nouvelles opportunités et trouver de nouvelles idées à mettre aux profits des personnes dans le besoin qui fond appelle à l’aide alimentaire afin de combattre ce fléau. Le ministre de la Santé, d’une saine alimentation, de la Sécurité et de l’autonomie alimentaires aura des prérogatives clairement défini pour planifier, impulser et coordonner une autre politique et proposer au gouvernement une vision à long terme de la société :

a) Il présentera annuellement la stratégie pancanadienne du développement de l’autonomie alimentaire durable et le bilan des actions entreprises devant le Parlement.
b) Il élaborera le calendrier à quatre ans des objectifs de l’action gouvernementale dans ce domaine en collaboration étroite avec les gouvernements provinciaux.
c) Il coordonnera les travaux des différents comités dans ce domaine.

  1. Augmenter significativement l’appui fédéral au logement abordable

a) Créer un Fonds fédéral de fonctionnement en matière de logements sociaux, en collaboration avec les provinces et les territoires, afin de pouvoir couvrir les coûts relatifs aux réparations, aux rénovations et à la maintenance essentielles de ces logements sociaux.
b) Mettre en œuvre des réformes ciblées de l’impôt fédéral pour soutenir le développement du logement locatif dans un effort d’augmenter le nombre d’unités et les rendre plus abordables.
c) Entreprendre une évaluation de l’approche « logement d’abord » pour déterminer les conséquences possibles de ce changement de politique fédérale sur le logement abordable.

  1. S’assurer que les Canadiens possèdent les compétences nécessaires pour obtenir des emplois bien rémunérés.

Trop de personnes doivent se contenter d’emplois temporaires, à temps partiel et mal rémunérés, en partie parce qu’il est difficile de trouver le temps et les ressources nécessaires permettant de se renouveler sur le marché du travail. Il est donc temps d’investir dans les formations professionnelles.

  1. Investir dans la lutte contre le gaspillage alimentaire et la faim au Canada.

Au Québec par exemple, le réseau des Banques alimentaires du Québec voyait en 2014 ses comptoirs alimentaires acheter 75 % plus de denrées que l’année précédente alors que dans le même temps plus de 6 millions de tonnes de denrées alimentaires étaient jetées au Canada pour un montant totalisant 27 milliards de dollars. L’une des mesures à prendre serait d’encadrer le gaspillage au niveau de l’agroalimentaire et en obligeant les épiceries à redistribuer leurs invendus aux organismes d’aides alimentaires.

      5. Pour que le Fédéral prenne ses responsabilités en éducation.
Miser sur une éducation mieux encadrée et de qualité pour qu’enfin l’éducation devienne une priorité dans notre pays. Le fédéral doit prendre place aux côtés des provinces pour les aider et les épauler dans la réussite de nos jeunes et cela passe par un investissement dans la formation et la revalorisation du statut des professeurs.

  1. Développer une stratégie d’implantation d’un revenu de base universelle et inconditionnel à travers le pays en collaboration avec les provinces.

Mettre sur pied une commission parlementaire pour qu’une réflexion soit faite afin de mesurer les impacts que pourrait avoir la mise en place d’un revenu de base inconditionnel et universel. Nous devons plus que jamais faire en sorte que le capitalisme ne profite pas à une personne, mais à la collectivité. La répartition des richesses et l’orientation sociale doivent être présentes dès le moment de la création de valeurs et contribuer à la politique de production. Les exigences sociales ne se limiteraient donc plus à promouvoir la redistribution, mais orienteraient la création même de richesse.

  1. Allier la défense de nos produits alimentaires canadiens à la promotion d’une alimentation saine en développant une fiscalité nutritionnelle.

Créer une taxe spéciale sur les produits alimentaires transformés, les produits contenant plus de 2.5 % d’acide gras saturé, les produits contenant du gras « trans » ainsi que les boissons sucrées dans l’optique de promouvoir des habitudes alimentaires plus saines et plus abordables. Cette taxe serait utilisée pour :

a) Subventionner les aliments sains tels que les fruits et légumes de chez nous.
b) Faire des campagnes de sensibilisations sur la malnutrition et ses impacts.
c) Développer des cours d’éducation alimentaire en collaboration avec les provinces (surtout dans les écoles, car c’est dès le plus jeune âge que l’on prend -ou pas- de bonnes habitudes alimentaires)
d) Investir dans la lutte contre la faim et la malnutrition par la création de programmes gouvernementaux et/ou dans les banques alimentaires et autres organismes communautaires du milieu.

  1. Création d’un crédit d’impôt spécifique aux dons en nourriture pour une politique plus cohérente.

La création d’un crédit d’impôt pour les dons en nourriture des entreprises et agriculteurs sera la preuve d’une politique incitative pour soutenir et inciter les entreprises à effectuer des dons alimentaires aux profits des banques alimentaires et autres organismes. Nous proposons que les produits de catégorie A1 soient assujettis à un crédit d’impôt de 40 % et que ce taux soit dégressif selon la qualité des produits. Les « dons dédiés » aux banques alimentaires et autres organismes devraient être également concernés par un crédit d’impôt.

  1. Développer et protéger l’artisanat canadien.

L’artisanat et le petit commerce doivent voir leur rôle social et humain reconnu et protégé par un plan d’aide pour encourager l’investissement dans nos entreprises locales et stimuler l’emploi. Le gouvernement canadien doit prendre sa place aux côtés de nos petites et moyennes entreprises qui sont au cœur de notre économie et de la sauvegarde de nos savoirs faires.


POLITIQUES FISCALES

Notre fiscalité actuelle ne profite qu’aux plus riches et aux grandes entreprises alors qu’ils doivent être les premiers contributeurs au développement et à la sauvegarde de nos programmes sociaux et nos services publics. Nous devons lutter contre les inégalités en réformant notre fiscalité pour la rendre plus juste où chacun fera sa juste part.

  1. Retour de la justice fiscale grâce à une taxation sur les transactions financières boursières.

La dureté de la crise économique et financière mondiale de 2008 a eu des conséquences désastreuses qui se font ressentir encore aujourd’hui. Cette crise aura dévoilé d’importants dysfonctionnements des marchés financiers, dont une prise de risque inconsidéré, une incapacité à assurer la stabilité financière à long terme et un financement à l’économie réelle insuffisant. Cette crise nous aura démontré des distorsions invraisemblables des conditions de concurrence équitable en raison de la sous-imposition de nombreux services et instruments financiers, de l’expansion préoccupante des produits financiers dérivés, des transactions hors bourse et des opérations à haute fréquence qui leur sont liées sur les marchés financiers modernes. Dans la mesure où ces dispositifs financiers échappent largement à la réglementation et à la taxation, il serait temps de reprendre le contrôle de ce monde de la finance.

  1. Augmenter l’impôt des banques et autres institutions financières notamment en rétablissant la taxe sur le capital.

À titre d’exemple, ce sont près de 60 % des profits réalisés au Québec qui proviennent des institutions financières. Pourtant, elles ont le taux d’imposition le plus bas de tous les secteurs d’activité économique. La moitié de ces dernières ne paient même pas d’impôt à l’aide d’abris fiscaux ou de paradis fiscaux. En 2014, les profits des six grandes banques canadiennes totalisaient 33,3 milliards de dollars.

  1. Augmenter le taux d’imposition des grandes entreprises.

En 15 ans le taux d’imposition des grandes entreprises est passé de 28 % à 15 %. Ce sont 575 milliards de dollars qui dormaient en 2011 dans les 150 plus grandes entreprises non financières du pays. Un plan d’augmentation de cet impôt devrait être pris sur 10 ans pour revenir à un taux d’imposition décent en mettant en place des paliers d’imposition allant de 10% à 35%

  1. Augmenter l’impôt sur les revenus les plus élevés et éliminer les échappatoires.

Un système fiscal plus progressif pourrait contribuer à réduire l’écart croissant entre riches et pauvres. Il faut rétablir des taux d’imposition plus élevés aux échelons supérieurs.

  1. Lutter contre l’évasion fiscale.

Une récente étude de James Henry de « Tax Justice Network » estime qu’entre vingt et un et trente-deux mille milliards de dollars sont maintenant investis dans les paradis fiscaux, équivalant à la production totale annuelle des États-Unis et du Japon. Voici quelques mesures à prendre pour contrer véritablement l’évasion fiscale :

a) Couper nos liens avec les banques ne jouant pas le jeu de la transparence bancaire
b) Le Canada doit l’augmenter le nombre de vérificateurs.
c) Presser le G20 ainsi que les Nations Unies d’agir
d) Obliger les entreprises à déclarer leurs activités pays par pays
e) Appliquer des pénalités sévères aux intermédiaires qui aident les fraudeurs de l’impôt.
f) Permettre aux États de taxer les profits transférés par leurs entreprises résidentes dans des paradis fiscaux.
g) Obliger pour les entreprises de déclarer leurs montages fiscaux.
h) Neutraliser les montages hybrides (schémas artificiels visant à obtenir déductions et crédits d’impôt)

POLITIQUES ENVIRONNEMENTALES ET DE SANTÉS

À deux mois de la COP21 qui aura lieu à Paris où il sera question d’éviter une hausse du réchauffement climatique supérieure à 2°C au cours du présent siècle et au vu des politiques environnementales désastreuses du gouvernement Haper, nous devons plus que jamais établir des règles et standards contraignants en vue de poser des actions concrètes dans la lutte au réchauffement climatique. Il est temps de faire notre juste part dans cette lutte qui nous concerne tous.

  1. Investir dans le développement durable et ainsi favoriser la création d’emploi d’avenir en diversifiant notre approvisionnement énergétique.

À l’approche de la 21e Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), ou COP21, qui aura lieu à Paris en décembre 2015, nous devons développer des mesures contraignantes permettant de lutter efficacement contre le dérèglement climatique et accélérer la transition vers des sociétés et des économies résilientes et sobres en carbone. La croissance de l’exploitation des sables bitumineux devra être ralentie pour favoriser le développement du secteur des énergies renouvelables à l’échelle du Canada. Le gouvernement fédéral devrait, à travers un plan sur 10 ans, investir dans les énergies nouvelles dans le but de diversifier nos sources énergétiques à court terme et sortir de notre addition folle au pétrole à long terme. Je vous invite à lire et à signer cette pétition dans le but de demande aux Chefs d’État réunis lors de la COP21 à s’engager résolument à adopter toutes les mesures nécessaires pour limiter le réchauffement climatique en dessous de 2°C.

  1. Promouvoir la création d’une organisation mondiale de l’environnement tel que l’a proposé le gouvernement français.

Son objectif est d’être une autorité politique internationale qui prenne des initiatives environnementales et qui fasse appliquer les décisions politiques existantes à l’ensemble des pays signataires.

  1. Lier l’autonomie alimentaire à la préservation de l’environnement

Nous devons développer un plan obligeant l’industrie agroalimentaire et les grandes chaines d’épicerie à donner leur surplus alimentaire aux banques alimentaires agréées par les moyens d’ententes nationales et locales. Cette mesure aurait comme impact de nourrir des centaines de milliers de personnes aux pays qui ont faim et réduirait du même coût l’impact dès ces pertes sur l’environnement en évitant davantage d’enfouissement.

  1. Investir dans les contrôles, la traçabilité et l’étiquetage de nos aliments.

Il est temps de rendre obligatoire l’étiquetage des aliments génétiquement modifiés, comme c’est déjà le cas dans 64 pays. Nous devons aussi établir un plan de traçabilité afin que les consommateurs puissent connaître la filiation de ce qui se trouve dans leur assiette. Connaître le parcours de leurs aliments, comment ils ont été produits, élevés, nourris, dans quelle condition de vie, etc.

  1. Réinvestir dans la santé à travers le pays.

Établir un accès aux soins médicaux pour tous en augmentant la part du gouvernement fédéral dans le financement des programmes de la santé dont les coûts devraient être partagés à 50/50 avec les provinces comme convenu dans les années 1960. Aujourd’hui, sa contribution n’est que d’une vingtaine de pour cent.

Voilà des bases pour nous ouvrir sur un vrai changement de mentalité et faire du Canada un exemple a l’international dans son désir de redéfinir notre société. Monsieur le premier ministre vous avez un boulevard devant vous pour vous atteler à cette tâche. Bon courage!

Gaël

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