Pierre Carl Péladeau et le Parti Québecois font du cynisme leur marque de fabrique.

La démocratie des droits de l’homme s’appuie sur quelques principes clairs de séparation qu’il est bon de rappeler à certains et qui sont : préserver le politique et le religieux de leurs instrumentalisations réciproques – éviter la confusion entre la vie publique et la vie privée – séparer les pouvoirs, qu’ils soient exécutif, législatif, judiciaire, mais également médiatique et financier. En cela, il est intéressant de voir que le seul à s’en souvenir et à s’en soucier s’appelle Jean-François Lisée du côté du Parti Québécois.

Le double discours, provenant d’un trop grand nombre de membres du Parti Québécois ou du moins les plus bruyants qui consiste à, quand cela les arrange, dénoncer et crier au danger démocratique quand les grands médias soutiennent leurs adversaires politiques, retournent volontiers leur veste maintenant que le grand patron de Quebecor et grand briseur de grève reconnu, Pierre Karl Péladeau, prend leur cause comme sienne et devient alors leur grand champion. Cette brusque volte-face est d’un tel cynisme, qu’elle entraîne notre classe politique dans une plus grande médiocrité encore. Imaginons, si André Desmarais, patron de La Presse et autres quotidiens de la province, s’était porté candidat à la chefferie du Parti libéral du Québec, le Parti Québecois aurait été le premier à s’en offusquer et a dénoncé ce conflit d’intérêts et ils auraient eut, évidemment, raison..

Voilà pourquoi, ce discours mortifère anéantit encore un peu plus toute crédibilité de nos politiques. Cette malheureuse histoire que nous vivons avec le cas PKP met en lumière la facilité pour de nombreux péquistes de changer d’idéaux et de valeurs au gré du vent se retrouvant maintenu par une colonne vertébrale chambranlante. Un parti, quel qu’il soit, ne devrait-il pas, au minimum, proposer et promouvoir des valeurs inébranlables auxquelles il croit? Ne devrait-il pas mettre en avant son exemplarité pour pouvoir en exiger autant de ses adversaires politiques? Serait-ce aujourd’hui trop demandé d’avoir un peu de cohérence?

Rappelez-vous, en entrant en politique au mois de mars dernier, Pierre Karl Péladeau s’est engagé à suivre à la lettre le code d’éthique des députés. Hélas, ce dernier n’a manifestement pas trouvé judicieux de se rendre à l’article 16, qui dit qu’un député ne peut pas:

« se prévaloir de sa charge pour influencer ou tenter d’influencer la décision d’une autre personne de façon à favoriser ses intérêts personnels ».

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L’article 25 stipule également qu’un député doit déclarer son intérêt quand une question est soulevée touchant ses affaires, à l’Assemblée nationale ou dans l’une de ses commissions. Il doit même se retirer de l’enceinte. Malheureusement, nous avons tous pris connaissance de son intervention à plusieurs reprises pour que le gouvernement favorise le groupe dont il est l’actionnaire de contrôle, pour l’achat de Vision Globale, propriétaire notamment des Studios Mel’s.

Même en tant que député, Pierre Karl Péladeau est incapable de respecter le code de déontologie. Qu’en sera-t-il une fois à la tête du PQ et à la tête du Québec? N’attendons pas d’être dos au mur avant de penser comment régler ce problème. Il est temps que certains enlèvent leurs œillères et voient plus loin que leurs propres intérêts.

Je pense, pour ma part, que le problème que rencontre le Parti Québécois aujourd’hui doit mettre en lumière le problème d’indépendance et d’influence que peuvent avoir les médias et autres lobbies sur nos dirigeants qui ont un effet direct sur notre quotidien. Nous devrions nous servir de ça pour nous attaquer à ce problème plutôt que de s’en satisfaire et de l’encourager si sottement sans aucun recul ni réflexion. Toute concentration des pouvoirs est dangereuse, que cela n’en déplaise à certains.

Oublions les querelles qui opposent le fédéral et le Québec et dépassons la partisanerie juste un instant. Aujourd’hui, nous avons un cas concret de conflit d’intérêt manifeste, un grand patron de presse du Québec souhaite devenir, bientôt officiellement, chef d’un Parti et donc aspirer à devenir notre premier ministre. Si cela ne vous pose aucun problème, c’est votre droit après tout, nous ne sommes pas tous attachés au principe fondamental constituant notre démocratie qui demande une séparation claire des pouvoirs, aujourd’hui les médias sont un pouvoir fort et puissant dans nos sociétés et personne ne peut remettre ceci en cause. Ce principe n’a pas été mis en place au Ve siècle par les Grecs pour empêcher PKP de devenir premier ministre, mais dans le but de protéger les citoyens afin de rester libre. Sortez de votre carcan partisan, cela vous permettra de découvrir le problème réel auquel nous sommes confrontés en tant que citoyens face au cas PKP si ce dernier devient chef du PQ!

Gaël.

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